au coin du feu

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27
nov 2010
Alors, ça glisse ou ça crisse ?
Posté dans journal par olivierdetrelles à 2:38 | 1 réponse »

 

La neige est tombée, très légèrement. Assez pour désorganiser la petite ville où j’exerce. Il faut dire que les femmes qui utilisent leurs voitures, plus nombreuses que les hommes, se montrent particulièrement fébriles et nerveuses quand la chaussée se recouvre de neige; crispées à leurs volants, freinant par à coups, et dérapant ausi vite, elles ont tôt fait d’embouteiller une petite ville. Habituellement gentilles elles peuvent alors devenir agressives, et c’est dans ce genre de moment ou de conjoncture, qu’on peut deviner l’influence qu’elles sont capables d’exercer dans une société. Ce sont elles qui par exemple contribuent au patriotisme nerveux et superficiel des journées de mobilisation générale (comme le 2 août 1914), et ce sont elles qui font échouer les grands mouvements populaires et fraternels par la défense et la passion qui les dominent, celles de leurs intérêts privés et domestiques. 

Un tout petit vent de contestation s’est levé dans mon lycée contre les dates et les horaires des conseils de classe, fixés à la dernière minute par un proviseur qui s’est bien gardé cette semaine de faire la moindre apparition en salle des professeurs, lui d’habitude si chaleureux dans le sourire et la poignée de mains, si serein et si efficace dans sa gestion des moments de crise (selon l’article que Ouest-France lui a consacré). C’est à son adjoint qu’est revenue la tâche d’afficher le tableau des conseils puis d’affronter les premiers regards indignés des professeurs, voire de lire et de décrocher un « placard » sarcastique où s’exprimait l’amertume crissante d’un « petit personnel » réclamant des sacs de couchage afin de pouvoir dormir au lycée… On m’a rapporté la scène du sous-chef fort en colère devant ce papier affiché de façon clandestine et anonyme; colère bureaucratique de l’homme-ordinateur qui découvre l’existence de sentiments humains, que dis-je, qui découvre la possibilité d’une contestation humoristique dans le monde froidement structuré en logiciels et tableaux de statistiques qui depuis des années est le sien. Il arrivera bien un jour où devant le technicisme informatisé glissant et hypocrite des petits administrateurs qui « gèrent » les bas échelons de la société scolaire, se dresseront enfin les fourches d’une révolte culturelle. C’est quand le dialogue n’est plus possible que ça devient vraiment intéressant !   

Autrefois, les gens peu instruits étaient moins disponibles pour le dialogue que ne le sont à présent les classes moyennes aux molles opinions; il est aisé pour les élites de poursuivre le fameux et fumeux dialogue, le tube de vaseline est ouvert en permanence auprès des contrats à signer; moi, dorénavant, quand je vais voir mon banquier, je fais l’idiot, du genre:  »je voudrais rebiter mon compte », c’est une technique assez paysanne qui permet de dissuader le beau parleur, et si ça ne suffit pas, prenez un air menaçant, tapez du poing sur la table, en poussant un juron, en général l’employé du dialogue n’insiste pas, il referme son petit dossier… Quand les fourches se dressent, les stylos s’aplatissent. C’est une leçon d’histoire.           

   

             


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Une réponse:

  1. L'enragé écrit:

    Oui il faut que les fourches se dressent, surtout contre l’occupant.

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